La ville de demain se prépare

Le chantier de la transition est déjà lancé sur notre territoire. Le projet Zéro Carbone s’appuie sur des acteurs locaux, pionniers dans leur démarche de réduction de l’empreinte écologique. Il renforce les moyens de ces acteurs publics et privés, en invite de nouveaux, explore des pistes innovantes.

Le bâti bas carbone

Chiffres clés

45%

C'est ce que réprésente le logement dans la consommation énergétique du pays.

25%

Le logement représente 25% des émissions de gaz à effet de serre. 

Bâtir en usant des techniques « basse conso », c’est important, la rénovation représente un enjeu de taille : transformer d’anciennes « passoires énergétiques » en bâtiments peu énergivores et plus confortables pour leurs occupants est clairement le défi à relever.

La démarche s’appuie notamment sur l’expertise développée au sein du parc Altantech® à Lagord. Il abrite le bâtiment Lab’In Tech, véritable démonstrateur des réhabilitations modèles, ainsi que la plateforme Tipee, créée par l’Université, qui met les compétences de la recherche sur le bâti à disposition des entreprises.  

La Rochelle Université et d’autres organismes développent et vont développer des formations sur la réhabilitation.

En s’appuyant sur ces savoir-faire, l’objectif est d’accompagner, via un nouveau service dédié aux particuliers, la rénovation de 120 000 m2 de locaux chaque année soit près de 2 000 logements, en les envisageant à l’échelle de quartiers dans un esprit de mutualisation. Il en découlera de nouveaux métiers d’ingénierie dans l’accompagnement des réhabilitations.

La mobilité propre

Chiffres clés

27%

Sur l'agglomération rochelaise, les déplacements génèrent 27% des émissions de CO2.

Depuis déjà plus de 40 ans, l’Agglomération de La Rochelle développe les mobilités douces et partagées (le vélo, les voitures électriques en libre-service, le bus…) et les combine pour permettre de passer du bus au train, au vélo, au bateau… Bref, associer des modes de déplacement pour aller d’un point à un autre. S’y ajoutent les aménagements cyclables (déjà 230 km réalisés), la mise en circulation de bus électriques et hybrides, la location longue durée de vélos électriques…pour permettre à tout un chacun de trouver son mode de déplacement dans le respect de la planète. Et la liste n’est pas exhaustive.

L’objectif est d’être encore plus performant sur toutes ces solutions alternatives à la voiture individuelle. La réalisation du pôle multimodal de la gare de La Rochelle entre dans ce contexte. De nouveaux services ou équipements permettront d’offrir de nouvelles solutions de mobilités douces (des vélos cargos hydrogène, des flottes de voitures propres proposées en location aux entreprises…). De nouveaux outils issus de l’analyse de données permettront de mieux coller aux besoins réels de mobilité et d’améliorer la connexion entre les modes, qu’il s’agisse de services publics ou privés, en intégrant bien sûr le covoiturage. Des accompagnements au plus près des personnes et entreprises permettront de trouver les meilleures combinaisons de déplacements propres.

Objectifs :

  • moins de déplacements motorisés (marche, vélo, covoiturage...) ;
  • transition énergétique des véhicules (livraison, bus, véhicules particuliers...) ;
  • des services de mobilités alternatifs plus accessibles ;
  • de la sensibilisation et des incitations ;
  • moins 75% des émissions mobilité d’ici 2040.
La voiture individuel émet plus de gaz à effet de serre que tous les autres modes de transport réunis : 15,7% contre 14% des émissions françaises

Source : ADEME, CITEPA - septembre 2019, La mobilité en 10 questions

Toujours plus d’énergies renouvelables

La substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables est un enjeu majeur pour atteindre la neutralité carbone. A l’échelle individuelle, un cadastre solaire est déjà à disposition du public pour connaître le potentiel de chaque toiture et l‘animateur de l’Espace Info Energie renseigne de façon gratuite et indépendante sur toute démarche concernant l’énergie.

En 2020, l’Agglomération de La Rochelle poursuit la solarisation de ses toitures, de même que les communes qui la composent. Le Grand Port maritime et diverses entreprises sont aussi engagées dans cette voie.

Des boucles énergétiques seront amenées à se développer par quartier. L’idée maîtresse est de consommer sur place l’énergie produite à l’échelle du secteur. Le premier concerné est celui d’Atlantech® à Lagord. Les habitants et entreprises du quartier pourront ainsi acheter et consommer l’énergie issue des panneaux solaires  installés sur les toitures avoisinantes ou au sol à proximité (un concept de circuit court dont on peut attendre un moindre coût de l’énergie).

Des outils seront développés pour adapter au plus près la production à la consommation, les surplus d’énergie étant stockés sous forme d’hydrogène. Ces surplus pourront entrer à nouveau dans le circuit du quartier en cas de pic de besoin ou être utiles à d’autres usages, notamment dans le domaine de la mobilité.

Préserver le littoral et les marais

Notre territoire est riche de 70 km de côtes : une fenêtre sur 35 000 hectares d’océan, complétée de 10 000 hectares de marais et de 5 000 hectares de vasières intertidales (qui subissent la marée).

Cette façade maritime qui a forgé notre histoire est non seulement une identité et une force économique, c’est aussi un formidable potentiel pour capter le carbone bleu.

Reste que dans un territoire urbain et touristique comme le nôtre, ces espaces naturels sont parfois endommagés et très convoités. L’un des objectifs forts du projet Territoire Zéro Carbone est de protéger ces marais et ce littoral, des zones humides à la fois sources de biodiversité, utiles à l’épuration de l’eau, zones tampon en cas de tempête et de surcroît, capables pour certains de piéger le carbone.

Les puits de carbone bleu ont un rôle important à jouer dans le changement climatique et pour la protection des côtes (érosion et submersion), qui ne peut s’exercer que si les écosystèmes sont en bonne santé. En effet, si les marais et le littoral sont en mauvais état, les puits de carbone peuvent alors se transformer en source et libérer rapidement le carbone déjà stocké.

« Un marais littoral a la capacité de capturer 40 fois plus de CO2 qu’une même surface d’espace forestier », nous apprend Christine Dupuy biologiste du laboratoire LIENSs de La Rochelle Université. Ce laboratoire est au centre de l’axe « carbone bleu » du territoire zéro carbone. Avec ses nombreux partenaires (laboratoire LIENSs (CNRS et La Rochelle Université), centres de recherche, collectivités, parc naturel marin, parc naturel du Marais Poitevin et associations), il va travailler à l’évaluation de la captation de carbone et à l’étude de la protection de ces milieux dans un contexte de submersion et d’érosion. Quels sont les plus efficients, où et comment les restaurer ? L’ensemble de ces données formera à l’avenir un référentiel utile à d’autres territoires.

Infographie présentant l'action des habitats naturels : en bon état ce sont des puits de carbone, dégradés ils favorisent l'émission de carbone

Credit : Howard et al., 2017, Frontiers in Ecology and the Environment

(a) En bon état de fonctionnement, les habitats représentent des puits de carbone.

(b) La dégradation de ces habitats favorise l’émission de carbone.

Adopter l’écologie industrielle

Chiffres clés

16 zones d'activités

L’Agglomération de la Rochelle abrite 2 000 entreprises sur 16 zones d’activités.

Deux associations du territoire, le réseau Biotop et l'association Matières Energies Rochelaises (MER) accompagnent les entreprises dans une démarche d’écologie industrielle. Celle-ci vise à stimuler les échanges de ressources (énergie, matière, co-produits, services…) entre les entreprises afin de réduire leur impact environnemental.

Sur la place portuaire de La Pallice, l’association MER développe ce type de synergies. Les déchets des uns servent de matières premières aux autres. Ex : les palettes dont une entreprise se débarrassait jusqu’alors sont récupérées par une autre qui en a besoin (12 000 palettes sont recyclées chaque année). Les gravats de démolition d’un hangar servent de sous-couche à la réalisation d’un parking sur la zone, soit 2 000 tonnes de matières premières non extraites de carrières.

MER et Biotop travaillent à la réalisation d’une plateforme collaborative pour mieux informer et fédérer autour de l’économie circulaire et de l’écologie industrielle. Partager des flottes de véhicules électriques, organiser le covoiturage à l’échelle d’une zone, récupérer et partager l’eau, végétaliser et arborer les espaces des entreprises, créer de l’énergie à partir des biodéchets de la place portuaire de la Pallice… Beaucoup de projets sont sur le métier.

Et après ?

Deux nouveaux axes de travail sont en cours de préfiguration :

  • Transition agro-écologique et alimentaire

Considérant que l'alimentation des habitants de l'agglomération est responsable de près de 20% des émissions de gaz à effet de serre du territoire, il est fondamental d'opérer un travail de fonds sur cette thématique. Les actions principales devraient viser à décarboner notre assiette, accompagner les changements de pratiques agricoles, développer les énergies renouvelables, favoriser la sobriété énergétique sur les exploitations et optimiser la captation du carbone par les sols et les cultures.

  • Tourisme durable

Avec près de 4 millions de visiteurs par an, le tourisme est une activité majeure et emblématique du territoire. C'est aussi une source d'émissions non négligeables sur laquelle il est important d'agir. Le plan d'actions envisagé dans ce nouvel axe devra faire de l'agglomération une "destination internationale responsable".