Les habitants du Marais poitevin livrent leur vision du changement climatique

Les habitants du Marais poitevin livrent leur vision du changement climatique

Une enquête menée auprès des habitants du Marais poitevin, sur leurs perceptions du changement climatique, fournit des clés pour orienter les actions de sensibilisation et d’accompagnement au changement.

Le projet européen LIFE Maraisilience, financé par la Commission européenne, réunit neuf partenaires* autour de deux objectifs : anticiper les impacts du changement climatique et imaginer des solutions concrètes pour favoriser la résilience environnementale et sociale du Marais poitevin. Un territoire particulièrement sensible à l’évolution du climat, en raison de sa situation littorale, de son patrimoine naturel et de ses activités économiques liées à l’eau et au vivant.

Afin d’alimenter cette démarche, une enquête téléphonique a été menée de mi-avril à mi-mai 2025 auprès de 600 habitants. Elle devait permettre de mieux comprendre les perceptions du changement climatique, les signes observés localement, les émotions et attitudes associées, ainsi que les conditions d’acceptabilité du changement.

Si la prise de conscience est réelle (89 % des personnes interrogées jugent que le changement climatique est d’origine humaine, 58% considèrent qu’il est déjà visible sur leur territoire), seuls 20 % des répondants son engagés dans des actions collectives. Cette tension traduit une lucidité passive : les signes sont visibles, l'urgence est perçue, mais beaucoup se sentent impuissants, peu légitimes ou informés pour agir. La transition reste vécue comme une affaire individuelle, pas comme un projet collectif partagé.

Près de 9 personnes sur 10 jugent nécessaire de transformer nos modes de vie et les trois-quarts sont favorables à une réorientation écologique des priorités économiques. Mais sous des conditions précises : la moitié des répondants veut que les efforts soient répartis de manière équitable et 43 % souhaitent que les décisions soient prises collectivement. L’obstacle ne réside donc pas tant dans les objectifs, que dans les moyens utilisés pour les atteindre. Une transition imposée, injuste ou opaque cristallise les oppositions. A l’inverse, une gouvernance juste est partagée semble être un levier fort de mobilisation.

Il ressort également de cette enquête que l’adhésion n’est pas uniforme : elle est plus forte chez les jeunes, urbains et diplômés, alors qu’elle reste fragile chez les profils plus âgés ou moins informés. Pour réussir la transition, il faudra reconnaître ces fractures, ajuster les récits, les canaux et les leviers d’action selon les publics.

Consultez la synthèse de l'enquête

* Parc naturel régional du Marais poitevin, les Communautés de Communes Aunis Atlantique, Sud Vendée Littoral, Pays de Fontenay-Vendée, Vendée Grand Littoral, les Communautés d’Agglomération du Niortais et de La Rochelle, Syndicat Mixte du Bassin Versant de la Sèvre Niortaise, La Rochelle Université.

Revenir aux actualités