L’intelligence artificielle à la barre du Forum des Acteurs de la Transition

L’intelligence artificielle à la barre du Forum des Acteurs de la Transition

Le 20 janvier dernier, Le Forum participatif des Acteurs de la Transition a pris la forme inédite d’un procès fictif pour éclairer un débat bien réel : l’IA est- elle un frein pour les transitions ? Chacun a pu se forger son intime conviction, éclairé par les plaidoiries de neuf avocats d’un soir.

Quels sont les impacts sociétaux et environnementaux de l’IA ? Représente-t-elle un progrès ou conduit-elle le monde tout droit à la catastrophe ? Le Forum participatif des Acteurs de la Transition a été l’occasion d’explorer ces sujets à travers un format inédit de procès fictif. Près de 70 participants ont pris part à cette expérience immersive, oscillant entre réflexion collective et joutes oratoires.

Vincent Courboulay, maître de conférences en informatique spécialiste du numérique responsable, a planté le décor lors d’une conférence introductive « L’IA, progrès ou catastrophe ? Ou l’étrange cas du docteur Jekyll et Mister AI ». Une manière de souligner la dualité d’une technologie capable du meilleur comme du pire, et d’inviter à rechercher un nouvel équilibre dans ses usages. Endossant le rôle d’un juge, un comédien et facilitateur en Intelligence collective, est ensuite venu rappeler les principaux faits reprochés à l’IA, accusée de freiner les transitions.

Les participants, répartis en groupes ont été invités à construire leurs plaidoiries à partir d’un corpus documentaire, aidés par des étudiants en droit et les juristes présents. Puis, les apprentis avocats de chacun des groupes ont pris tour à tour la parole.

Côté partie civile, les griefs sont lourds. L’IA est accusée de porter atteinte aux ressources naturelles, mais également d’entraver les relations aux autres, la prise de décision collective et le libre arbitre. La nationalisation des opérateurs d’IA, la création d’un passeport numérique et davantage d’éducation et de formation ont été demandées.

De leur côté, les procureurs ont requis des peines destinées à compenser les dégâts de l’IA : contribution du secteur économique en contrepartie de son utilisation, reconnaissance de droits d’auteur afin de rémunérer les créateurs dont les œuvres alimentent les modèles, prise en charge par les opérateurs d’IA de la reconversion des travailleurs concernés. Une obligation de formation et l’instauration d’un âge minimum pour les utilisateurs ont également été demandés.

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