Jeudi

Jeudi

Jeudi

Mytilicultrice

  • 40 ans
  • Habite à Marsilly, une maison individuelle
  • Vis en couple avec ses 3 enfants
  • Impliquée
  • Est entrée dans la démarche LRTZC de façon volontariste
  • Se veut moteur des projets liés à la conchyliculture
  • A vu, au fil des années, son métier se transformer et a dû s'adapter aux contraintes climatiques (impact de l'acidification sur l'ostréiculture)
Portrait grande taille de Jeudi

Née en 2000.

Benjamine de sa famille, la seule fille.

Sa famille travaille dans la conchyliculture depuis au moins cinq générations.

Ses parents ont voulu marquer le saut dans la modernité par son choix de prénom. Assez vite, le fait de devoir assumer son prénom lui a forgé le caractère. Elle a été une ado têtue, puis une jeune fille décidée.

Egalité H/F :

Choix de son orientation au lycée (avec Parcoursup) : ses parents n’ont pas voulu qu’elle s’oriente vers la conchyliculture : métier pas fait pour les filles / période où il y avait beaucoup de problèmes dans la filière : l’usage du plastique était très critiqué, les étés très chauds et le dragage posaient un problème sanitaire à répétition avec le développement de bactéries opportunistes, les pertes avaient été importantes deux années de suite, les administrations développaient les contrôles tatillons sur les exploitations, et il y avait le problème avec le braconnage.

Elle a intégré une grande école d’ingénieur. Diplômée, elle a travaillé dans un grand groupe français en région parisienne puis à Lyon. Puis, le grand amour, un enfant, et un jour, elle s’est rappelé qu’elle était une fille du bord de mer : il fallait revenir sur la côte et changer de vie. Et voilà. Le saut dans le vide : elle a monté son activité en mytiliculture.

Pas de plastique :
  • Dans son quotidien.

Elle a choisi de faire les choses à sa manière, pas à celle des anciens. Pas de plastique pour les collecteurs de naissains. Ça a marché parce qu’elle avait gardé le nom de son père et on savait que sa famille avait toujours été sérieuse.

Ses collègues conchyliculteurs ne voulaient pas changer les habitudes. Heureusement qu’elle est têtue et elle a trouvé des arguments, d’abord auprès du grand-père : le tout plastique n’est pas si vieux, les années 1990.

  • Plus largement.

Ensuite, les projets de l’agglo et de la région ont aidé à faire bouger les lignes : la charte de la plage sans plastique, l’élargissement du parc marin et l’association des gens des métiers de la mer aux décisions de sa gestion, etc.

Carbone bleu :

Les moules sont un puits à CO2 et à azote. Cette prise de conscience de la profession a renversé les perspectives.

Après un travail avec l’agglo et aussi l’université, création d’un compte-épargne en faveur des conchyliculteurs, une sorte de prime à la captation de CO2 et d’azote. Ce compte qui est en monnaie locale a permis d’abonder un fonds assuranciel qui joue en cas de pollution et de pertes de la production (Le fonds sert aussi de couverture pour les sorties pédagogiques, Jeudi connaît bien Jacob, l’éleveur, qui a poussé pour la mise en œuvre de ce principe pour favoriser l’usage des ânes et chevaux dans les activités de ramassage des déchets sur les plages et d’entretien des parcs et jardins). Les entreprises pollueuses contribuent à ce fonds, comme les citoyens qui peuvent le faire sur la base du volontariat. Beaucoup des bons clients, en particulier ceux qui ont découvert la production de Jeudi par le pescatourisme. Et honnêtement ça donne de l’air à sa trésorerie.

Approvisionnement des pieux :

Avec les collègues et l’aide de l’agglo et de la Région, on a réfléchi à une filière d’approvisionnement locale pour les pieux. Plutôt du pin maritime résistant aux tarés que du bois exotique. Ça s’est fait avec le Contrat territoire d’Environnement.

Mobilité / Motorisation des barges et zodiacs :

Et après ils se sont attaqués à la motorisation des barges et des zodiacs. Dans les années 2020, les bateaux étaient très bruyants. Le boulot est très physique et le bruit en plus ça n’aide pas. La consommation du gasoil devenait du non-sens. Une borne de recharge a été installée à Chef de baie et progressivement il y en a eu de plus en plus et quand il a fallu changer les bateaux, c’était une évidence pour tous : fallait totalement revoir la flotte. Il y a un vrai plaisir à embarquer sur une belle barge, sûre, silencieuse, pas polluante. C’était logique avec le système de poids lourds à propulsion électrique mis en place pour desservir Chef de baie. Faut être cohérent.

Le port est aujourd’hui une zone accessible à tous.

Tourisme :

Tournée vers la mer, l’agglo a développé avec les filières pêche et conchyliculture le pescatourisme. Les conchyliculteurs embarquent régulièrement des jeunes des écoles ou des touristes pour aller à la marée et leur faire découvrir leur métier, leurs techniques et l’environnement marin.

Economie circulaire :

Enfin, avec les bars dégustation qu’elle a ouverts, s’est posé le problème des coquilles vides. Des projets de valorisation des déchets se sont montés avec l’Université. C’est encore du sport de travailler avec des universitaires. Heureusement, sa casquette d’ingénieure l’a aidée. Elle a eu l’impression qu’elle n’avait pas trop besoin de traducteur. Et d’ailleurs, les projets ont abouti à un truc d’enfer : on a développé la filière de valorisation des coquilles pour les transformer en matériaux de construction. Les déchets de certaines activités devenaient utiles pour d’autres entreprises.

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