Créée il y a sept ans, KPA La Rochelle a fait de l’entrepreneuriat coopératif un tremplin pour aider les jeunes à trouver leur voie. Sa fondatrice et directrice, Florine Jollivet, nous parle de cette structure dynamique, qui a déjà accompagné près de 400 jeunes de l’Agglo de La Rochelle.
Pouvez-vous nous présenter KPA La Rochelle ?
Nous sommes une association d’éducation populaire, basée dans le quartier de Mireuil. Notre mission est d’aider les jeunes de 12 à 25 ans à trouver leur voie. Pour cela, nous leur proposons d’expérimenter l'entrepreneuriat coopératif, sans critère d'étude ni d'expérience, pour qu’ils puissent explorer le monde professionnel, les métiers de demain, de nouvelles compétences ou simplement se découvrir eux-mêmes. Cette pédagogie les met en action et leur donne confiance, tout en développant leur réseau.
Sous quelles formes s’opère votre modèle d’entrepreneuriat coopératif ?
Nous proposons plusieurs parcours pédagogiques collectifs, dont le plus connu est la coopérative de jeunes « Les Coopains à Bord ». Ils y apprennent tous les actes de gestion et réalisent, pour ceux qui le souhaitent, des prestations rémunérées auprès d’entreprises rochelaises. Ils se retrouvent les mercredis après-midi et pendant les vacances, sur la base d’un engagement de deux à douze mois. La moitié sont des lycéens, l’autre moitié sans emploi. Nous avons aussi un accompagnement collectif de cinq mois avec Info-Jeunes 17, baptisé « La fusée », pour les porteurs de projet, qu’il soit solidaire, culturel, environnemental ou entrepreneurial. À cela s’ajoute la « Coop' Inspire », une coopérative de collégiens à Mireuil qui se retrouvent tous les lundis midi et pendant une semaine de stage pour faire l'expérience de créer, vendre et décider ensemble pour mieux se connaitre et mieux s'orienter à l'issue de la 3ème.
Vous portez aussi une autre démarche, baptisée « Régénération », qui est soutenue par LRTZC. En quoi consiste-t-elle ?
Ce projet prend racine dans l’expérimentation « Osmose », que nous avons initiée en 2023, avec des jeunes sans emploi et sans formation, qui se forment pendant six mois avec le CFA de Lagord, pour devenir acteurs des transitions en entreprise. Certains ont par exemple participé à la rédaction de la charte numérique responsable de la Société générale. La démarche « Régénération » vise à changer d’échelle, en déployant cette pédagogie auprès d’autres établissements, comme le lycée Saint Exupéry.
Qu’est-ce qui vous a amenée à créer KPA La Rochelle ?
J’ai fait une licence de droit, mais je ne me voyais pas continuer dans ce domaine. J’avais envie d’être utile. Je me suis alors orientée vers un service civique, que j’ai effectué au sein de l’association de solidarité internationale et d’éducation à la citoyenneté « Avenir en héritage ». J’ai voyagé dans plusieurs pays pour mener une enquête sur l’économie sociale et solidaire. Nous avons rencontré une centaine de personnes sur cinq mois. Ça a été une source de motivation énorme. De retour à La Rochelle, j’ai intégré un master Entrepreneuriat et innovations sociale, avec la volonté d’entreprendre.
Comment vous êtes-vous lancée ?
Mon premier projet était une ferme maraîchère d’insertion. Mais grace à de belles rencontres, j'ai découvert les coopératives de jeunes. Je suis convaincue que les jeunes ont besoin d’actions concrètes et utiles pour trouver du sens à leur avenir professionnel, comme je l’ai expérimenté moi-même lors de mon service civique. L’aventure KPA a démarré en 2017 portée par un collectif de citoyens locaux, avec quinze jeunes qui ont été accompagnés pendant l’été pour gérer leur propre entreprise coopérative et créer de nouveaux services sur le territoire. J'ai rejoins l'expérience l’été suivant, avant de créer l’association qui nous a permis de pérenniser cette action et de la développer sur toute l'année.