Entretien avec Didier Roux - Actualités

Entretien avec Didier Roux

Didier Roux est physico-chimiste, lauréat de la médaille d’argent du CNRS, membre de l’Académie des Sciences, membre de l’Académie des Technologies, ancien directeur de la recherche et de l'innovation de Saint-Gobain, et président du Conseil scientifique du projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone (LRTZC).

Quel rôle joue le Conseil scientifique dans le projet LRTZC ?
« Il émet des avis sur les propositions et les actions entreprises par les membres du projet, en conseillant le Comité de pilotage sur les différents aspects, positifs ou négatifs, de chaque action. Il est aussi à l’écoute de la demande sociale, exprimée par le Comité citoyen, qui peut nous saisir sur tous sujets jugés dignes d’intérêt. Nous avons également, de par nos domaines d’expertises, un rôle d’alerte, pour signaler les éventuels "angles morts" du projet. »

Où vous situez-vous entre le politique et le citoyen ?

« C’est une question intéressante parce qu’elle illustre la ligne de crête sur laquelle nous devons travailler. Comme je vous l’ai dit, et pour résumer par une formule, « le Conseil émet des conseils », c’est-à-dire qu’il est là pour dire que, sur tel axe, sur telle action, il risque d’y avoir tel impact positif et, dans le même temps, tel impact négatif. Je ne citerai que l’exemple de l’éolien. On voit bien que selon que vous êtes pécheur ou producteur d’énergie, vous ne considérez pas le débat avec les mêmes enjeux. Et cela peut se retrouver pour tous les axes du projet : les mobilités, l’habitat, l’agriculture, la mer, etc. Notre rôle est de mettre toutes les cartes sur la table, de laisser place au débat démocratique, avant le temps de la décision politique, éclairée, et en responsabilité. »

Comment procédez-vous ?
« Le Conseil scientifique est composé de chercheurs et d’experts pluridisciplinaires et de haut-niveau dans les différents domaines d’action qu’englobe le projet du territoire rochelais. J’insiste sur l’équilibre que nous avons réussi à trouver dans la composition du Conseil entre les spécialistes des sciences dites « dures » et ceux des sciences humaines et sociales. C’est ce qui fait la richesse de ce conseil, et c’est à l’image de l’approche développée par le projet LRTZC : il ne s’agit pas d’aligner une somme de projets sans liens entre eux, mais bien de procéder à une approche globale, où tous les éléments sont pris en compte : les enjeux écologiques, économiques, sociaux et humains. Nos membres sont également connaisseurs des politiques publiques et des instances de décisions. »

Comment concevez-vous votre rôle ?
« Même si j’ai, bien entendu, mes propres domaines d’expertise, je me vois surtout comme un chef d’orchestre, qui doit à la fois faire fonctionner le Conseil, et se situer à l’interface entre les opérateurs publics et les citoyens. »

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