Comprendre l’impact du changement climatique et comment il est perçu pour s’adapter collectivement

Comprendre l’impact du changement climatique et comment il est perçu pour s’adapter collectivement

À quels risques le territoire de l’Agglo est-il exposé en raison du dérèglement climatique ? Quelles perceptions en ont les habitants et les professionnels ? Les éléments de réponse fournis par deux diagnostics, l’un scientifique et l’autre fondé sur une enquête de terrain, viennent nourrir la future stratégie d’adaptation de la collectivité.

L’augmentation des températures a des effets multiples et en cascade. Elle affecte la qualité de vie des habitants, fragilise les infrastructures, pénalise certaines activités économiques, nuit à la biodiversité ainsi qu’à la quantité et à la qualité de l’eau. Sur le territoire de l’Agglo, le risque de sécheresse est particulièrement important. La Charente, principale source d’eau potable, pourrait en effet voir son débit diminuer de 20 à 40 % d’ici 2050.  C’est l’un des enseignements du diagnostic de vulnérabilité du territoire aux effets du dérèglement climatique.

S’ajoutent à cela les risques de submersion, de retrait-gonflement des argiles (RGA) qui provoque des fissures sur les bâtiments, d’asséchement et de salinisation des marais et une activité mytilicole particulièrement vulnérable au réchauffement de l’océan. Le changement climatique fragilise aussi la santé d’une population qui vieillit. Ce diagnostic rappelle que les mesures d’adaptation ne doivent pas être pensées dans une perspective purement curative et réactive, au risque de basculer dans la « mal-adaptation ».

Ressentis et pratiques face au changement climatique

Pour compléter cette analyse scientifique, l’Agglo a confié à quatre étudiants de Sciences Po le soin de recueillir les ressentis et pratiques des habitants et professionnels du territoire. À partir d’une enquête de terrain menée auprès de 200 personnes entre octobre 2025 et mai 2026, ils ont cherché à comprendre comment sont perçus le changement climatique et les mesures d’adaptation.

Premier enseignement : le dérèglement climatique est souvent relégué à l’échelle mondiale. Cette conclusion est à nuancer en fonction de l’âge, du lieu de résidence, de la situation socio-économique ou de l’expérience directe d’un événement climatique. Le risque environnemental devient plus perceptible lorsqu’il se traduit en enjeux concrets : qualité de l’air et de l’eau, confort d’été, pesticides, accès à la fraîcheur, qualité des espaces publics. La santé apparaît ainsi comme une porte d’entrée plus mobilisatrice qu’un discours climatique général.

Une adaptation d’abord individuelle

Face aux fortes chaleurs, les personnes interrogées ont tendance à privilégier des réponses individuelles : rester chez soi, fermer les volets ou rechercher des lieux plus frais à proximité. Ces choix dépendent du confort thermique de son logement et de sa localisation, de ses ressources économiques ou de son état de santé. La végétalisation est la mesure d’adaptation au réchauffement qui recueille l’adhésion la plus large.

Ce diagnostic « sensible » rappelle qu'une ville résiliente ne se construit pas uniquement avec des solutions techniques. Les liens sociaux, la solidarité de proximité, les réseaux associatifs, la convivialité et les relations intergénérationnelles constituent également des facteurs majeurs de résilience, notamment lors des crises climatiques.

L'adaptation est donc autant une politique d'aménagement qu'une politique de cohésion sociale.

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